L’Arène et le Théâtre
Scène 34

Me revoilà parmi vous après quelques incursions sur d’autres chemins.
Le fait est que l’on voudrait chaque semaine écrire ou présenter un article, mais que cela prend beaucoup de temps, surtout si l’on y met du cœur et du sérieux, comme vous le savez tous, et que le temps n’est pas extensible.
D’autre part, votre Ménestrel préféré n’a qu’un petit blog confidentiel qui n’intéresse que fort peu de citoyens, et que si internet est un formidable moyen de communication alternatif, il faut aussi rencontrer des gens sur le terrain et travailler chacun dans nos domaines de prédilection à des projets consistants et efficaces.
Je ne serai donc plus forcément très régulier car d’autres œuvres m’appellent et m’accaparent. Néanmoins, je ferai de mon mieux pour venir le plus possible.

Lorsque j’eus terminé, je constatais que certaines de mes réflexions se retrouvaient dans la revue Défense nationale et Sécurité collective de février 2010.

Par Julien Duthu
Pour la création d’une Garde nationale à la française
Par Stéphane Dossé
+ L’article du colonel Xavier de Woillemont, publié dans le numéro de janvier 2008 de la revue Défense nationale et sécurité collective et intitulé Libéralisme et obligation militaire
+ La Démocratie Post-totalitaire

+ Mai 68, l’impossible héritage
Deux livres remarquables d’analyse sociétale de Jean-Pierre Le Goff, philosophe et sociologue.


L’association Solidarité Défense a pour but de soutenir nos soldats en opération extérieure mais aussi leurs familles, particulièrement lorsqu’elles sont frappées par des drames ou par des deuils.
C’est une association A-politique soutenue par le Ministère de la Défense et ouverte à tous civils désirants faire acte de citoyenneté dans le but de promouvoir le lien Armée-Nation, de ressouder la société civile avec l’Institution militaire, car aujourd’hui se fait en effet sentir l’impérieux besoin de défendre ou remettre à jour certaines valeurs fondamentales, nationales et collectives qui engagent l’avenir de notre pays.

Comme leurs anciens, ils restent les sentinelles et les veilleurs de la Nation, le rempart ultime de notre sécurité dont la vocation est de se dresser contre toutes formes d’agressions envers nos libertés si chèrement acquises durant des siècles au prix de la vie d’autres hommes courageux et inflexibles, souvent héroïques.
Ils ont donc droit à un respect qui autrefois allait de soi, et qui aujourd’hui, laisse trop souvent place à une dévalorisation permanente pouvant aller jusqu’au rejet et au mépris, ce qui est intolérable et surtout dangereux.



Nous sommes aujourd’hui plongés dans une incertitude qui est celle de ce nouveau monde confus et multiforme, violent, imprévisible, et nous doutons en observant nos sociétés désenchantées et désabusées, fragilisées et faibles, sans passion, sans idéal d’aucune sorte ni de transcendance positive quelconque. Car nous nous sommes affaiblis considérablement et dangereusement dans ce qui ressemble à une véritable opération de démoralisation collective.

Pour tenter d’exposer la situation, je m’appuierai essentiellement, d’une part, sur certaines réflexions de la Démocratie post-totalitaire et de Mai 68 l'Héritage impossible, de Jean-Pierre le Goff, et d’autre part sur un article du colonel Xavier de Woillemont, publié dans le numéro de janvier 2008 de la revue Défense nationale et sécurité collective et intitulé Libéralisme et obligation militaire ; là, il pose le problème de manière très claire : comment concilier l’individualisme sans frein de nos sociétés occidentales avec le sens de la responsabilité collective qui implique parfois le don de soi jusqu’au sacrifice suprême, lorsque les circonstances l’exigent ?

Le confort de cette société marchande héritée de l’après-guerre dans un monde en paix et en plein boum économique, l’évolution sociale et celle des mentalités se libérant subitement des pesanteurs et barrières culturelles d’autrefois, tout ceci s’accompagna logiquement de l’exaltation des mécanismes du désir.
Selon René Girard, c’est ce désir sans bornes, fondamentalement à la base de l’évolution humaine, qui différencie dès le départ l’homme de l’animal, ce désir qui, à travers une compétition permanente permet à l’Humanité d’évoluer, mais du même coup la plonge régulièrement dans le tourbillon des violences individuelles et collectives issues de ces mêmes rivalités.
Le désir, cet animal sauvage qui nous habite et nous domine à notre insu, est impérieux et dès qu’il peut trouver une faille dans la muraille des règles et des lois érigées pour le circonscrire, il s’y engouffre avidement comme l’eau dans la moindre fissure.
Ainsi, à la faveur de l’évolution et de la permissivité grandissante de nos sociétés, s’est-il empressé de défaire toutes les fondations susceptibles de s’opposer à sa domination, bien décidé à « jouir aveuglément et sans entraves », quelqu’en soient les conséquences, encourageant de nombreux individus à refuser d’assumer leurs responsabilités d’adultes envers leurs propres enfants et leur pays, à rejeter la transmission du savoir et des valeurs morales ou civiques dont il fallait absolument s’affranchir.

Le terrain mental de l’époque était propice à la remise en cause de toute forme d’autorité et de contraintes, même les plus élémentaires, au mépris du simple « bon sens », avec l’appui sans faille d’une idéologie antioccidentale couplée à une repentance historique elle-même héritée d’une culpabilisation judéo-chrétienne poussée jusqu’à l’absurde, d’un pacifisme naïf et suicidaire manipulé à outrance, faisant sans s’en rendre compte le jeu des totalitarismes en tous genres, et bien sûr d’une société de consommation encourageant à un individualisme forcené ne pouvant, là aussi, qu’émietter les valeurs collectives et identitaires de la Nation.
Les enfants gâtés s’en donnaient à cœur joie ; sous couvert de lutte contre les injustices de ceci ou cela, de progrès social – luttes certes parfois légitimes et nécessaires --, ils poursuivaient la quête d’un « meilleur des mondes » illusoire, n’étant qu’une dénégation perpétuelle de la Réalité objective au profit de leurs petites exaltations et satisfactions passagères.
Fallait-il casser les fondations de l’édifice afin d’ouvrir quelques fenêtres dans les murs ?

En quelques années, ils réussissaient à démolir ce que des hommes remarquables avaient mis des siècles à construire aux prix de luttes incessantes et meurtrières, sans voir qu’avec leurs « bonnes intentions » et leur révolte juvénile, ils pavaient le futur Enfer de leurs enfants en ne leur donnant aucun héritage intellectuel, moral ou religieux, aucune certitudes, aucun modèle positif à suivre, aucune transcendance salvatrice, aucune endurance face à l’adversité, aucune capacité à gérer leurs frustrations puisque tout leur était dû, qu’ils n’avaient désormais que des droits et aucun devoirs.
L’échec de leurs idéaux, couplé à la complexité et aux contradictions insaisissables de la vie, ne pouvait conduire qu’à l’aigreur, au mensonge, au doute, au masochisme, à la dissimulation, finalement au nihilisme né de ce monde désenchanté et virtuel. On avait cru une fois de plus transformer les hommes, les sociétés et la terre entière sans tenir compte des réalités incontournables des mécanismes de la Nature et du comportement.

Cette différence s’affirme désormais sur une suspicion généralisée envers toute référence commune. La reconnaissance des différences tend alors à s’affirmer comme « autosuffisante » et devient paradoxalement le signe d’une appartenance collective sans véritable consistance. Plus précisément, elle est le signe du partage d’une même défiance vis-à-vis de toute affirmation commune qui dissoudrait la singularité de chacun, alors que, en vertu de la logique des paradoxes, c’est justement cette affirmation commune qui permet cette singularité de chacun.
Lorsque le lien social se vide ainsi de sa substance, le marché joue le rôle de fondement du réel dans une société qui se déréalise à travers des conceptions et des idéologies irrationnelles et la modernisation apparaît comme une fuite en avant.
L’érosion du collectif et de l’institution comme instances tierces, entraîne les individus dans un processus destructeur. Les rapports sociaux dégénèrent en relations interindividuelles dominées par les affects et les pulsions. Car dans les sociétés développées, l’existence individuelle n’est pas seulement « autocentrée », elle est aussi désœuvrée et souvent en perpétuelle errance. Le culte de la subjectivité et du vécu, la crise du processus identificatoire entrainent des débordements et des passages à l’acte que les institutions ont de plus en plus de mal à contenir.
Mais la nouvelle figure de l’individu ne paraît guère disposée à accepter les renoncements et le décentrement de soi qu’exige la vie en commun, au risque de déclencher des catastrophes sociétales.

La citoyenneté suppose de rompre avec la diabolisation du pouvoir pour reconnaître l’importance centrale de l’Etat et des institutions dans les sociétés démocratiques, en cherchant à approfondir l’implication responsable du plus grand nombre dans les affaires de la Cité.

Le pluralisme des intérêts, des croyances, des idées, des opinions, la reconnaissance des positions et des singularités de chacun, avec les contradictions et les conflits qui leurs sont inhérents, tout cela présupposent une commune appartenance.
S’il est vrai qu’en démocratie rien de va de soi et que tout peut-être soumis à un questionnement critique, cela n’implique pas un relativisme généralisé : tout ne peut être à tout moment remis en question, en fonctions des exigences tyranniques des uns ou des autres, des corporatismes ou des groupes de pressions, sous peine de paralysie de l’action et de dissolution du vivre-ensemble. La création de quelque chose de neuf a pour condition la reconnaissance d’un socle commun légué par les générations passées.
Si les sociétés d’aujourd’hui constituent des configurations sociales nouvelles, elles n’en comportent pas moins des dimensions anthropologiques qui ne lui appartiennent pas en propre. Remettre en cause ces dimensions anthropologiques revient à verser dans le nihilisme. Ces dimensions constituent des conditions du vivre-ensemble et ne peuvent être assimilées à des rapports de domination.
Faute de reconnaître et d’assumer clairement ces dimensions, avec la part de contraintes qu’elles impliquent, on se condamne à l’incivilité et à la violence. D’une part on fait le lit des séditions les plus brutales, d’autre part celui des solutions répressives les plus extrêmes.

Or, nous assistons à une véritable dérégulation anthropologique, une dérégulation de toutes les règles morales, juridiques, religieuses ou symboliques. La société a perdu ses rites, ses traditions, ses mythes, ses symboles collectifs unificateurs, le goût et l’exigence de la transmission du savoir, de la mémoire et de ses fondements. Elle a perdu ses hiérarchies et ses mécanismes d’autorités incontournables, ses distances culturelles nécessaires à la stabilité sociale et à tout ce qui donne du contenu et du sens, au risque d’un retour à des violences d’un autre âge.
Nous sommes à présent devant un vide qui n’est pas loin de ressembler à une forme de dépression existentielle générale, au point que certains théorisent quelque chose s’apparentant à une Crise de la vie, à une Crise civilisationnelle et quasi métaphysique.
Nous somme arrivés au bout d’un processus qui semble nous dire que la Réalité humaine repose sur des mécanismes intangibles qu’on ne pourra ignorer plus longtemps, sauf à vouloir disparaître ou risquer de revenir à nos origines tribales et archaïques.

Nous avons cru pouvoir nous affranchir de tout, même des règles de la Nature, mais la Nature nous rappellera toujours à l’Ordre des Choses, à l’Ordre qui est le sien, impitoyable.
Parfois, aveuglés par notre succès, comme Icare cherchant à voler toujours plus près du soleil, nous avons oublié que nous n’étions que des hommes et non les Dieux que nous avons cru devenir.
Nous avons oublié la sagesse de tous les philosophes et penseurs, grands observateurs de la Nature humaine depuis Socrate, Platon et Aristote.
Nous avons oublié les enseignements de Pascal :
« Qui ne voit pas la vanité du monde est bien vain lui-même. Aussi qui ne la voit, excepté de jeunes gens qui sont tous dans le bruit, dans le divertissement et dans la pensée de l’avenir. Mais ôtez leur divertissement vous les verrez se sécher d’ennui. Ils sentent alors leur néant sans le connaître »
Et nous avons oublié les enseignements de Bossuet :
« Si je jette la vue devant moi, quel espace infini où je ne suis pas ! Si je la retourne en arrière, quelle suite effroyable où je ne suis plus ! Et que j'occupe peu de place dans cet abîme immense du temps ! La pièce n’en aurait pas été moins jouée que je serais demeuré derrière le Théâtre ; mais si l’homme est infiniment méprisable en tant qu’il passe, il est infiniment estimable en tant qu’il aboutit à l’Eternité »
Nous devons donc réapprendre la Modestie de nos ancêtres au regard de ce que nous sommes vraiment : des Créatures fragiles et éphémères.

Le citoyen, l’homme complet conscient de ses droits et de ses devoirs, y compris jusqu’au don suprême de soi, est une donnée constante, indépassable et quasi darwinienne de l’histoire humaine.
Notre bien-être présent, d’ailleurs relatif, ne doit pas nous enivrer au point de penser que l’ordre actuel, si confortable soit-il, est installé pour l’éternité. L’histoire avance toujours, les dés roulent sur le tapis du destin, on bat en ce moment même les cartes d’une nouvelle manche, d’une nouvelle ère dans l’aventure de l’humanité.
L’individu accaparé par ses tâches quotidiennes peut se permettre d’ignorer pour un temps cette vérité. Mais les décideurs et ceux qui choisissent de s’engager pour la collectivité plus que pour eux-mêmes ne disposent pas de cette indulgence au regard des responsabilités qu’ils occupent.
Le risque est que la société civile repue, gavée de superficialité et d’objets futiles, fascinée par le culte de soi, se détache totalement d’une armée aujourd’hui professionnelle qu’elle peut percevoir comme appartenant à un autre monde.
Nous aurions alors une « caste » de guerriers déconnectés par obligation, chargés de protéger une société et un ordre libéral qui les méprisent.
Les sociétés qui baignent dans un faux sentiment de sécurité se réveillent généralement de leur torpeur à la suite d’une terrible souffrance d’autant plus intense qu’elle n’aura été ni anticipée, ni prévue. Il faut donc éduquer ou rééduquer, amener à soi les plus valeureux représentant du corps social pour en faire des exemples, des modèles qui en attireront d’autres.

Une des choses les plus difficiles à l’homme est de se regarder dans le miroir, d’avoir la force de caractère et le courage de se remettre en question devant la réalité objective et féroce des faits, de ne pas se complaire dans le confort affectif de ce qui l’arrange, derrière les masques des croyances toutes faites qui le rassurent ponctuellement, sans se rendre compte que plus il s’aveugle et plus il creuse sa tombe.

Comment leur donner ce goût de servir ?, alors qu’ils n’ont que des droits bien souvent illégitimes, qu’ils sont incités depuis des lustres à refuser toutes formes de contraintes, de devoirs, d’autorité et de valeurs, même les plus naturelles, qu’ils sont élevés dans la religion du pacifisme et de la paix jusqu’au déni permanent du réel et des mécanismes des rivalités constantes de la Nature humaine, protégés depuis si longtemps de toutes violences majeures.
Comment leur faire admettre que, paradoxalement, l’ordre social leur permettant tant de liberté ne peut survivre si personne ne se sens solidaire d’une entité dépassant leurs seuls petits désirs personnels ?
Comment les rendre responsables d’une collectivité soudée et seule garante de ces libertés individuelles, d’une société qu’il faut aussi, le cas échéant, être prêt à défendre par les armes ?
Comment accepter de mettre un jour sa vie en danger dans un monde qui porte aux nues la réussite personnelle au mépris de la cohésion générale et ringardise ceux qui choisissent de servir la collectivité pour le bien et la survie de tous ?
Comment est-il possible à ces enfants, élevés dans un néant intellectuel, spirituel, historique et mémoriel, dépourvus de tout apprentissage de la gratitude à l’égard des Anciens et de l’Héritage des siècles, dépouillés de toute idée de transcendance collective, comment leur est-il possible d’avoir envie de se consacrer à leur pays et de défendre cette liberté si douloureusement conquise par leurs ancêtres au risque du sacrifice suprême ?
Comment, dans cet état d’esprit, la majorité pourrait-elle se sentir concerné par le sort de nos soldats, de ceux qui n’ont pas encore déserté ces valeurs sans lesquelles il ne peut exister de Nation ni d’appartenance ?

Aujourd’hui, c’est tout un « déconditionnement » et un « reconditionnement », un « réarmement des esprit » n’allant pas de soi qu’il faut effectuer, en essayant de trouver de nouveaux moyens d’agir et de remonter la pente, car devant la volonté légitime de vivre pour soi, nous devons retrouver l’obligation de savoir s’engager pour tous, tant les défis qui nous attendent risque d’être pénibles.

Ils ont pour but, entre autres, de favoriser une meilleure connaissance mutuelle entre les communautés militaires et enseignantes, mais aussi, qu’une meilleure réflexion sur la défense soit assurée dans les classes.
Que disent en substance ces Protocoles ?
« L’esprit de défense n’existe pas spontanément. Il est partie intégrante d’une éducation à la citoyenneté. L’enseignement de défense est une éducation sur les valeurs à transmettre. Il doit mettre en évidence la conscience de l’appartenance à une communauté de solidarité et de destin et faire surgir une culture de défense et de sécurité.
L’esprit de Défense, dans une démocratie, ne peut se résumer à la seule acceptation d’une politique de défense votée par le Parlement. Il n’est pas seulement réservé aux militaires, il repose sur la formation d’un esprit civique et citoyen qui doit être abordé dès l’école par une éducation à la citoyenneté.
Il est indiqué que « le devoir de défense exige que l’école soit partie prenante d’une réflexion critique sur les moyens de préserver les valeurs, sur la sécurité collective des citoyens, etc… »
L’une des dispositions des protocoles prévoit qu’une formation à l’esprit de défense sera donnée aux personnels de l’Education nationale en formation initiale et en formation continue.
Les enseignants doivent donc actuellement traiter ces questions de Défense qui, pour la plupart d’entre eux, restaient jusqu’alors des notions floues. Nombreux sont ceux qui associent l’idée de Défense à la notion trop restrictive du rôle de l’armée. Cette dernière joue certes un rôle prépondérant dans la Défense nationale mais il n’est pas omnipotent.
La défense repose désormais sur la formation à l’esprit civique, sur la solidarité et la cohésion sociale qui concernent l’ensemble des citoyens et relèvent de leur éducation dès l’école. L’esprit de défense est en effet inséparable de l’éducation civique du citoyen.
Comme le précise le livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, « l’adhésion de la nation est la condition de l’efficacité de l’appareil de défense et de sécurité et de la légitimité des efforts qui lui sont consacrés ». Préparer la nation à l’éventualité d’une crise grave, prendre conscience que notre pays peut être la cible d’évènements bouleversant la vie quotidienne sont des conditions déterminantes de la capacité de la population à réduire les risques et à faire face aux évènements résiduels.
La formation doit d’abord s’adresser aux futures générations de la société française. Une des finalités de l’éducation nationale est d’assurer une éducation globale visant à former de futurs citoyens responsables.
L’éducation à la défense et à la sécurité se retrouve dans tous les niveaux de l’enseignement, qu’ils soient spécifiques ou transversaux ».

Il y a également d’autres initiatives, tel le Plan Egalité des chances qui vise à redonner discipline, autorité, exigence, règles, devoirs, goût de l’effort, du dépassement de soi, estime de soi et rattrapage scolaire aux jeunes en difficulté.
Autant d’initiatives qu’il sera bon de développer à l’avenir de manière systématique. Et certains de réfléchir à un service civique adapté et dynamique avec une valorisation financière et sociale de la Réserve, même à une Garde nationale intermédiaire entre le corps civil et l’armée comme dans certains pays.
De toutes manières, on ne pourra faire l’économie d’une opération majeure d’éducation active à la Défense, et donc à la citoyenneté, quelques soient les formes qu’elle prendra.
Car qu’allons construire ensemble, alors même que nous guette un émiettement de la société à travers de possibles rivalités ethniques, un communautarisme ou un tribalisme rampant, des clivages culturels inadmissibles pour n’avoir pas su imposer et faire respecter les règles de la République « une et indivisible », pour avoir cassé systématiquement les dispositifs de la transmission, de l’héritage et du savoir ?

La défense est et restera toujours l’affaire de tous. Tout citoyen qui s’en exclut par paresse, ignorance, choix, irresponsabilité, se place de facto à la marge et de manière peu glorieuse au sein d’un corps social qui l’a fait naître, l’entretient et lui fournit les outils et les opportunités pour mener l’existence paisible et prospère à laquelle il aspire.
Et tout corps social se fragilise en ne luttant pas, lui aussi, par paresse et renoncement contre des idéologies naïves et des exigences préjudiciables à l’égard de la collectivité. Plus le confort et la société marchande envahissent l’espace public, plus la latitude de chacun est grande, et plus nous devons être intransigeants sur les règles qui constituent les fondements de la Nation et donc la possibilité du vivre-ensemble. Là est bien la difficulté des Démocraties face aux totalitarismes : savoir contraindre et enseigner avec mesure mais fermeté tout en protégeant les libertés inaliénables.

Il nous faut réapprendre les lois des mécanismes de la Nature humaine et de ses « rivalités mimétiques » incontournables à l’échelle de la planète ; il faut regarder le monde tel qu’il est et non tel qu’on aimerait qu’il soit.
Plus qu’une vision idéologique, c’est un véritable regard anthropologique qu’il faut s’approprier au risque d’être submergé par les contraintes d’un darwinisme planétaire cruel et inhumain.
Il faut donc réhabiliter les lois qui régissent les rapports humain et notamment la notion de « conflit », la notion de « transcendance nationale et républicaine », il faut affirmer un « socle commun de vertus », condition du « vouloir vivre ensemble » et terreau des obligations collectives, réactiver le patriotisme et la défense des intérêts nationaux, affirmer fermement la pérennité de nos valeurs universelles en opposition au relativisme culturel ambiant véhiculé par un monde politique, artistique, médiatique, soumis au diktat du « politiquement correct » et d’une « pensée unique » masochiste, hypocrite, nihiliste et mortifère.
La pire des choses serait que la civilisation occidentale, par culpabilité entretenue, ne défende plus ses valeurs issues du judéo-christianisme qui, seules dans l’histoire, ont fait évoluer le monde, ces valeurs que pourtant, d’autres cherchent tant bien que mal à s’approprier, même de manière laïque, au cœur de tyrannies insupportables.
Pour cela il faut être fort et sûr de ce que l’on est, de ce que l’on veut rester et devenir… ce qui impliquera une nouvelle refonte, de retrouver l’estime de soi, de réaffirmer notre volonté, non pour la domination en tant que telle, mais pour la préservation des acquis d’un humanisme lucide pensé avec maîtrise, justesse et raison.

Notre civilisation a en effet changé le monde, parfois brutalement et en contradiction avec nos propres principes ; c’est vrai, nous l’avons transformé techniquement mais philosophiquement, nous avons aussi créé les moyens de notre propre autocritique et permis à d’autres de goûter aux mêmes fruits que nous et d’évoluer vers plus de modernité et de justice.
Hélas, nous avons oublié la Nature belliqueuse et guerrière de l’homme, ces fameuses « rivalités mimétiques » théorisées par René Girard, oublié que par définition il y aura toujours des luttes et des conflits, des champs de batailles, que rien n’est jamais acquis et qu’il faudra encore se battre pour que le meilleur résiste toujours au pire, malgré notre volonté de limiter la violence.
Nous avons oublié qu’il y a plus important que nous-mêmes : l’avenir de nos enfants et celui d’une Humanité libre de tout obscurantisme. 
On dit que « ceux qui oublient leur passé se condamnent à le revivre » et que « la seule leçon que nous enseigne l’Histoire est qu’on n’en retient jamais aucune ».
Il faut croire que oui, hélas, et se demander comment tant de sacrifices passés peuvent aussi vite sombrer dans l’indifférence collective et l’oubli. Une telle ingratitude envers nos libérateurs et nos héros d’hier et d’aujourd’hui est consternante, un tel mépris entretenu à leur égard est absolument inacceptable, mais surtout une telle cécité sur la Réalité du monde, ses fonctionnements, l’adversité, les enjeux, les maux et les obstacles qui nous attendent, serait proprement autiste et suicidaire.
S’il existe une Identité nationale incontournable qu’il nous faut rebâtir, n’est-ce pas celle qui nous réunis tous, français de toutes origines, croyances ou milieux sociaux, au-delà des aléas de l’Histoire, sous la bannière de la France et des Lois de la République « Une et Indivisible » ?


« Les couleurs natives de la Résolution blêmissent sous les pâles reflets de la Pensée ; ainsi les entreprises les plus énergiques et les plus importantes se détournent de leur cours à cette idée, et perdent le nom d’Action… »
L’Humanité des hommes, depuis ses Commencements obscurs, sait une chose incontournable : « Long, incertain et difficile est le chemin qui des Ténèbres conduit vers la Lumière ».
Mais c’est lorsque nous le prenons quand même, ce chemin, avec Honneur, avec Fidélité et avec Courage, que nous devenons des hommes dignes de ce nom.
















